24/01/2018

Repenser la classification des films en France

Pour une raison mystérieuse, j'ai décidé d'écrire un article en rapport avec un de mes intérêts du moment (la classification des films), parce que je pense qu'il y a beaucoup de choses à écrire à ce sujet.

Je vais commencer par remonter dans mes souvenirs d'enfance. Quand j'étais petit, par rapport à d'autres, dans mon rapport aux médias, j'étais un enfant très sage. Je ne regardais jamais de programmes avec un triangle ou un carré (ancêtres du -12 et du -16, respectivement), et jamais de programme avec un rond bleu (ancêtre du -10) sans être au minimum accompagné de mes parents.

Je n'allais jamais voir de films tout seul au cinéma sans l'autorisation de mes parents, et ceux-ci ne m'emmenaient jamais voir de films trop violents et/ou adultes au cinéma avant d'avoir au moins 13 ans (et quand on sait que certains films "tout public avec avertissement" auraient mérité déjà à l'époque une interdiction aux moins de 12 ans, comme Matrix Revolutions, c'était vraiment le minimum).

Etant donné qu'en "tout public" avec (voire même souvent sans !) avertissement, on trouvait déjà des trucs assez costauds - adultes, violents et/ou vulgaires, pas spécialement adaptés à n'importe quel public - j'ai grandi avec l'idée qu'un film interdit au moins de 12 ans devait traumatiser à vie n'importe quel enfant trop jeune pour le voir. Si bien que lorsque j'ai eu 12 ans, je n'avais pas spécialement envie de voir de films interdits aux moins de 12 ans, déjà parce qu'ils étaient rares, que l'information était difficile à obtenir* (Internet n'était pas aussi démocratisé que maintenant) et qu'ils appartenaient à des genres qui ne m'intéressaient pas à l'époque (horreur, etc...). Pour moi, le -12 était quasiment synonyme de trucs gore, effrayants et/ou érotiques (rayer les mentions inutiles), et le -16 de trucs encore plus extrêmes.

Avec le temps, je me suis rendu compte que si, pour certains vieux films, cette peur pouvait être tout à fait exagérée (à cause de l'évolution des mœurs), pour d'autres mon sentiment était amplement justifié.

Le premier film interdit aux moins de 12 ans que j'ai vu au cinéma fut Watchmen, en 2009 (j'avais déjà 18 ans à l'époque) ; il s'agissait d'un film qui aujourd'hui, rétrospectivement, pourrait (ou en tout cas devrait) être déconseillé aux moins de 16 ans à la télévision, notamment à cause de la violence de certaines scènes, à laquelle je ne m'attendais moi-même pas du tout (le film réussit à être encore plus gore et violent que la BD d'origine, qui était pourtant déjà assez adulte à ce niveau-là). C'est ce film qui m'a fait comprendre à quel point la France pouvait être laxiste en matière de classification.

D'autant plus que ces restrictions d'âge, déjà faibles à la base, ne sont même pas appliquées de façon très stricte (malgré l'interdiction, dans les faits, beaucoup de cinémas laissent entrer des enfants de moins de 12 ans, parfois très jeunes, dès lors qu'ils sont accompagnés d'un adulte), ce qui, dans le cas d'enfants vraiment très jeunes, devrait être puni plus sévèrement : certains films aujourd'hui interdits au moins de 12 ans pourraient légitimement traumatiser n'importe quel gamin en dessous de la limite d'âge, et une grande partie d'entre eux, peut-être même la majorité, ne devraient même jamais être vus par des enfants de seulement 12 ans !

Je me suis donc intéressé aux systèmes qui ont cours à l'étranger. S'il est vrai qu'en apparence, la grande majorité d'entre eux sont (parfois beaucoup !) plus sévères que le système français, la plupart d'entre eux laissent davantage de latitude aux parents dans le choix des films qu'ils veulent montrer à leurs enfants, là où le système français ne leur en laisse qu'à la marge, avec de vagues "avertissements".**

L'exemple extrême est le système américain, dans lequel la catégorie R signifie "interdit aux moins de 17 ans non accompagnés", sachant qu'il n'y a pas de limite d'âge inférieure, même si dans la pratique l'immense majorité des parents refusent d'y emmener leurs enfants de moins de 12 ans minimum, surtout s'ils s'attendent à du contenu sexuel. Il s'agit donc d'une catégorie assez restrictive qui réserve de facto les films concernés à un public mature. Définie de façon absurdement sévère selon nos critères (plus d'un seul "fuck" et/ou un téton qui dépasse, et un film risque d'être classé ainsi), c'est une véritable catégorie fourre-tout qui comprend aussi des films d'auteur très lisses que des films d'horreur extrêmement violents.

Malgré ce qui se dit chez nous, la catégorie juste en dessous, PG-13 (qui peut accueillir des films très violents et/ou horrifiques, une fois qu'on connait les codes de la censure) est techniquement une catégorie tout public (même si, en pratique, certains cinémas peuvent refuser l'accès à de très jeunes enfants non accompagnés). D'ailleurs, l'immense majorité des films classés PG-13 aux Etats-Unis sont classés "tout public sans avertissement" lorsqu'ils sortent en France - même si, en pratique, ils passent souvent à la télé avec un -10 (mais pas toujours, alors que beaucoup d'entre eux, peut-être même la plupart, le mériteraient amplement), surtout s'il y a de la violence dedans.

La seule catégorie qui reste entièrement interdite à une certaine limite d'âge est la catégorie juste au-dessus, NC-17 (ou interdit aux moins de 18 ans), là aussi définie beaucoup plus sévèrement que notre -18 français, sauf éventuellement en ce qui concerne la violence.

J'ai trouvé un article qui résume assez bien le problème américain, qui permet à des enfants de trois et cinq ans de voir, accompagnés, des films interdits aux moins de 12 ans (voire 16) de par chez nous pour leur violence ou leur contenu sexuel (et pour qu'en France, un film soit interdit aux moins de 12 ans pour contenu sexuel, il faut vraiment qu'il soit à la limite du porno soft !). Maintenant, je dirais que le système français souffre du problème inverse du système américain, à savoir qu'un enfant de 11 ans - même accompagné, en théorie - ne peut pas voir de film interdit aux moins de 12, mais qu'un enfant de 12 le peut, même non accompagné. Or, parmi les films interdits seulement aux moins de 12 ans, s'en trouvent certains qui sont quand même assez hard et peuvent parfois être pénibles à regarder même pour des adultes ! Devrait-on laisser de jeunes adolescents, qui pour la plupart n'ont pas encore eu accès à des cours d'éducation sexuelle suffisamment avancés (belle incohérence...), regarder légalement des films qui traitent de sexualité parfois de façon très crue et violente sans que leurs parents soient au courant ?

C'est ce qui me fait dire que le fonctionnement actuel du système est obsolète et devrait être révisé en profondeur. Fondé sur une conception jacobine du lien direct de l'individu à l'Etat, le système passe complètement à côté du fait que deux enfants du même âge peuvent avoir différents niveaux de maturité, et que ce sont souvent les parents qui sont le mieux à même de connaître ce qui est bon pour leur enfant, en dessous d'un certain âge.
Au lieu de cela, sans doute par peur de trop passer pour un organisme de censure officiel, le système semble viser systématiquement (peut-être vainement) le plus petit dénominateur commun.

Or, est-ce qu'il est vraiment possible de déterminer à partir de quel âge un enfant ne devrait pas du tout regarder un film ? Ce n'est pas ainsi que les choses devraient fonctionner. Certains films peuvent être plus faciles à regarder lorsque les enfants sont accompagnés, car il y a la possibilité de discuter du contenu du film (ce qui est très difficile si les parents ne sont pas au courant). Beaucoup de jeunes ne sont pas assez matures connaître la véritable signification de chaque niveau de classification, ou pour se renseigner sur les films avant de les voir en salle (beaucoup de parents non plus, d'ailleurs). C'est sans doute d'ailleurs en partie pour cette raison que le système américain n'a rien entre R (interdit aux moins de 17 ans non accompagnés) et NC-17 (interdit aux moins de 18 ans).

Un autre effet pervers du système est que son laxisme apparent a pour conséquence que les quelques films soumis aux classifications les plus sévères y soient traités comme des parias, ce qui, paradoxalement, arrive plus rarement dans certains pays qui ont un système de classification plus sévère que le nôtre sur le papier. Je pense que l'on pourrait réfléchir à ce paradoxe.

Maintenant, je ne suis pas en train de proposer de passer au système américain, avec tous ses excès, mais bien de reconnaître que le modèle français actuel, fondé sur des restrictions d'âge bêtes et méchantes proposées par un ministère, n'est plus adapté à notre société, et qu'il faudrait idéalement introduire davantage de modularité, comme cela se fait déjà chez certains de nos voisins européens.

Il ne s'agit pas de changer de système de valeurs ; on ne va pas se mettre à censurer des films pour un mot en trop ou un ou téton qui dépasse, comme chez nos voisins anglo-saxons. Les pays germaniques continentaux ont d'ailleurs à peu près le même système de valeur que le nôtre, ils notent juste un peu plus sévèrement que nous.

Que pourrait-on faire, pour commencer ? En attendant un hypothétique changement de la classification (auquel je ne suis pas favorable dans l'immédiat, car cela risquerait surtout d'être une grosse usine à gaz), on pourrait déjà commencer par renforcer l'éducation aux médias et aux technologies, apprendre à se renseigner sur les films avant d'y accompagner nos enfants, quelque soit le classement et quelque soit leur âge.

Aussi, réglementer la classification des DVDs, afin d'éviter que des films tels que The Thing ou Logan se traînent avec une absurde (et mensongère) mention "tout public" sur le dos de la jaquette. De même, si le film a fait l'objet d'une classification "tout public avec avertissement", au minimum le préciser. C'est le cas de Kick-Ass, par exemple. En regardant le film chez moi, j'étais persuadé qu'il était interdit aux moins de 12 ans minimum, mais non, même pas, juste "avertissement" et la jaquette du DVD indique "tout public". On pourrait aussi inciter les distributeurs à s'inspirer des recommandations plus sévères du CSA, le cas échéant.

Autrement, si je salue le relèvement de la signalisation de certains films à la télévision, je pense qu'il y a encore des progrès à faire. Les catégories -10 et -12 sont généralement trop peu sévères, l'écart entre -12 et -16 est trop important (alors que la différence entre les deux est plus souvent une différence de degré que de nature) et certaines chaînes ont systématiquement tendance à sous-signaliser leurs programmes. Afin de donner raison aux parents responsables et d'inciter les autres à faire davantage attention à la signalétique, on pourrait envisager de relever purement et simplement -10 en -12 et -12 en -14 (quitte à réintroduire une signalétique -10 si nécessaire), sans rien changer aux conditions de diffusion de ces programmes, voire en échange d'un (léger) assouplissement concernant la diffusion des films interdits aux moins de 12 ans à la télévision, et de la définition de la nouvelle catégorie -14.

Je pense que ce genre de changement est nécessaire, parce que beaucoup de parents ne comprennent pas le fossé énorme de nos classifications médiatiques vis-à-vis du système PEGI qui a cours pour les jeux vidéo, système autrement plus sévère (parfois excessivement, certes, même pour des pays sévères en termes de censure, mais c'est un autre débat).

Il y aura toujours des façons de contourner le système, on le voit de plus en plus avec Internet, mais ce n'est pas non plus une raison pour détourner le regard. Sans pour autant tomber dans le puritanisme, face à l'avalanche médiatique, beaucoup de parents aimeraient avoir davantage de contrôle sur ce que regardent leurs enfants. Si les individus matures devraient pouvoir consommer les médias qu'ils veulent, il faudrait rester vigilants face à certains types de public.

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*En fait, je soupçonne le CNC de rendre délibérément aussi opaque que possible l'information sur la classification des films car au fond, ils savent très bien que cela pourrait avoir un effet contre-productif, sachant que certains films "tout public sans avertissement" ne peuvent qu'être très difficilement considérés comme adaptés à un jeune public (si bien que quand le CNC décide d'attribuer un visa "tout public avec avertissement", le plus souvent sans en détailler les raisons, c'est très généralement un doux euphémisme).

**C'est la raison pour laquelle un film avec un classement 12 (ou avoisinant) dans les pays voisins sera toujours considéré comme un film "grand public", car pouvant en pratique être vu par de jeunes enfants, dès lors qu'ils sont accompagnés.


Addendum du 4 février 2018 : Depuis que j'ai écrit mon précédent article, j'ai appris que Cinquante nuances plus claires avait été classé "tous publics" à sa sortie en France.

Bien sûr, je n'ai pas vu le film ; je ne peux donc pas savoir si cette classification est justifiée ou non. D'ailleurs, je suis bien trop allergique à la censure pour pouvoir demander une classification plus sévère. Le problème selon moi, ce n'est donc pas que le film soit "tous publics".  Le problème - et c'est là où je me demande si les français ont vraiment vu le même film que les autres - c'est que ce film soit classé "tout public sans avertissementalors même qu'il a été interdit partout ailleurs dans le monde au minimum aux moins de 15 ans, y compris dans des pays très libéraux tels que les Pays-Bas, et alors que les deux précédents volets avaient pourtant déjà été interdits aux moins de 12 ans. Même Mad Max : Fury Road avait eu droit à un avertissement ! C'est à se demander si ces fameux "avertissements" servent vraiment à quelque chose, en fait. Pas pour les enfants ou leurs parents, en tout cas*.

Je ne pense même pas que ce soit dû à un laxisme envers la sexualité spécifiquement (même si la commission de classification de notre pays est certainement l'une des plus laxistes en la matière), parce que le système est aussi très laxiste envers la violence : sans aller jusqu'aux abus du système italien, dans lequel un classement tutti peut autoriser un degré de violence extrême, des films très violents, interdits au moins de 15-16 ans ailleurs, ont aussi été classés "tout public sans avertissement" à leur sortie en France, et les films violents en général sont notés moins sévèrement que dans la plupart des autres pays.

Je pense surtout qu'une fois que les normes d'un système sont établies, il y a une inertie qui se crée (par volonté de cohérence interne au cours du temps) voire une tendance irréversible à la baisse des standards (ce qui s'observe aussi dans d'autres pays), et il est très difficile de chercher à relever la sévérité du système sans se faire accuser, peut-être à juste titre d'ailleurs, de censure. C'est peut-être lié à un problème spécifique dans la composition et/ou le fonctionnement de notre commission ; je ne sais pas si on peut parler de "ghetto de libertins" comme d'autres le feraient, mais il y a clairement une déconnexion vis-à-vis du reste de la société à ce niveau-là.

Contrairement à Promouvoir et consorts, ce n'est pas par pruderie que cette décision m'interpelle. Ce que Promouvoir peut tenter comme actions, ça ne m'intéresse pas, à la limite ça va juste donner encore un peu de pub non-méritée au film. D'ailleurs, je tiens à souligner que des films tels que South ParkBrüno ou Scary Movie se sont mangés une interdiction stricte aux moins de 12 ans dans notre beau pays à cause d'un peu de contenu "graphique", alors qu'ils sont simplement déconseillés aux 11-12 ans dans des pays tels que les Pays-Bas ou la Suède, par exemple.

De plus, il n'y a pas de corrélation directe entre le conservatisme d'une société et la sévérité de ses classifications cinématographiques. Il se trouve que les sociétés les plus conservatrices, comme Singapour, ont un système de classification des films extrêmement strict voire pudibond, mais ce n'est pas toujours le cas ; sinon le Royaume-Uni serait un pays beaucoup plus conservateur que le nôtre, or ce n'est pas tout à fait vrai. Inversement, des sociétés réputées conservatrices, comme l'Italie et le Japon, ont un système de classification parfois assez laxiste dans certains domaines ; il est vrai, surtout envers les films violents dans le premier cas, et les films d'horreur dans le second, et plus rarement envers la sexualité.

Ce qui m'amène au vrai cœur du problème, qui est que le système français semble traiter le sexe de la même façon que le système américain traite la violence.

Je m'explique : prenez Taken, par exemple. Il s'agit d'un film à la fois ultra-violent et d'une violence tout à fait aseptisée dans son traitement. Aux Etats-Unis, il a été classé PG-13, un classement tout à fait "grand public", mais beaucoup considèrent qu'il aurait dû être classé R (interdit aux moins de 17 ans non accompagnés). De fait, il a été interdit aux moins de 15-16 ans dans la plupart des pays (excepté l'Italie, évidemment) et aux moins de 12 ans en France (ce qui est extrêmement rare pour un film initialement classé PG-13 aux Etats-Unis, de surcroît pour un film d'action, car habituellement ce sont plutôt les films d'horreur qui sont concernés par cette interdiction).

De la même façon, en France, il semblerait qu'un film "tout public sans avertissement" (équivalent culturel approximatif de toutes les catégories américaines jusqu'à PG-13) puisse autoriser assez largement toutes sortes de références sexuelles, de nudité à caractère sexuel ou même de scènes de sexe simulées, tant qu'elles ne sont pas un peu trop présentes, graphiques ou malsaines. C'est complètement hypocrite : aseptiser les scènes de sexe ne les rend pas plus appropriées pour un enfant, surtout lorsqu'elles sont accompagnées d'un langage très explicite et font référence à des activités potentiellement dangereuses.

D'aucuns me diront : oui, mais la diffusion du film en première partie de soirée à la télé ! En effet, il est beaucoup plus difficile pour les chaînes de diffuser des films interdits en salle aux moins de 12 ans, et je peux le comprendre, même si je trouve cette motivation assez cynique. Mais en fait, cela m'étonnerait fortement que le CSA laisse passer la diffusion de ce film avec autre chose qu'un -12 au minimum (ce qui ferait que le film serait de facto traité comme un film interdit aux moins de 12 ans, si je ne me trompe pas),  peut-être même avec des coupes au montage pour ne pas passer à -16, allez savoir ; en effet, par le passé, le CSA a recommandé plusieurs fois une signalétique -12 à des films initialement classés "tout public sans avertissement" comme Les Kaïra ou Supergrave. Il est très fort probable que cette situation se répète ici aussi.

Que faire face à cela ? La pédagogie et le dialogue, encore et toujours, avant tout. D'une part, cela m'étonnerait beaucoup que des parents amènent leurs enfants voir ce film - ce qui pose tout de même la question de limites d'âge aussi peu strictes, s'il est admis par tous qu'elles ne servent à rien, en pratique.
Les gamins non accompagnés qui viendraient voir le film ? Beaucoup d'entre eux ont déjà vu bien pire (même si ce n'est pas une raison pour les laisser venir le voir, j'en conviens), et beaucoup d'entre eux ont déjà vu les précédents volets en contournant l'interdiction, mais il y a le risque accru de déranger les autres spectateurs durant la séance. Au bout du compte, je pense que ce nouveau film risquerait de les ennuyer, plus qu'autre chose. Qu'on le veuille ou non, en France, ce sont les parents qui ont encore la responsabilité de ne pas laisser leurs enfants aller au cinéma tout seul ; on peut le déplorer, mais il faut faire avec. Si votre enfant est allé voir le film sans vous en parler avant, discutez-en avec lui (ou elle), tout se passera bien. Pensez quand même à le priver d'argent de poche parce qu'en plus le film est nul (sans surprise), apparemment.

Second addendum : apparemment, l'interdiction a été relevée à -12.

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*On pourrait même se poser la question pour les restrictions d'âge ; l'interdiction aux moins de 12 ans survient juste au moment où certains enfants commencent à aller tout seuls au cinéma, or c'est une limite d'âge qui est d'évidence parfois beaucoup trop basse. Quant aux interdictions au moins de 16 ou 18 ans, elles sont maintenant bien trop rares et commercialement pénalisantes pour être vraiment utiles. Personnellement, j'ai toujours trouvé que cette classification (de même que celles du CSA) était plus utile pour les adultes que pour les enfants ou leurs parents. Or, ce n'est pas comme ça que les choses devraient fonctionner, idéalement.

D'ailleurs, vous voulez mon avis sur les catégories -16 et -18, objet de pinaillage entre Promouvoir et le CNC ? Et bien, je pense que c'était une erreur d'interdire Love aux moins de 18 ans, mais surtout en premier lieu parce que je pense que c'était une erreur de créer la catégorie -18. Il est facile de remonter à la source du problème : l'erreur vient de ce qu'en 1990, le gouvernement n'ait pas eu le courage ni la cohérence d'abaisser l'âge de la consommation de pornographie à 16 ans (alors même que la majorité sexuelle est à 15 ans !), comme c'est le cas au Pays-Bas ou dans les pays scandinaves, par exemple. Dans de telles conditions, la réapparition d'une catégorie -18 était inévitable, de même que les pinaillages concernant la classification de films dans cette catégorie.